[ PORTRAIT ] Victoria Galvani

Victoria Galvani puise ses formes dans le quotidien qui l’entoure. Elle développe une pratique de sculpture mais c’est la photographie qui fait état de son quotidien. À travers ce médium, elle capture rigoureusement ses sources d’inspirations : les quatre éléments (l’eau, la terre, le feu, l’air), la lumière… Dans son atelier du 18ème, elle conserve minutieusement des fragments du réel qu’elle glane et qui côtoient les pièces qu’elle crée, principalement des volumes abstraits en plâtre. Dans une démarche qu’on pourrait qualifier d’archéologie, (elle a d’ailleurs travaillé plusieurs années sur l’étude des sites archéologiques Gréco Romains du sud de l’Italie) elle les stocke, les range, les annote avant de les déployer dans l’espace pour les faire cohabiter.

Dans une relation presque amoureuse, de profonde affinité, elle texture à pleine mains le plâtre qui est son médium de prédilection. Le plâtre a des qualités étonnantes. Matériau poreux, souvent de réparation et sa blancheur mat, presque glaciale lui confère une pureté et un minimalisme qui évoque l’architecture. Ce qui l’intéresse particulièrement c’est sa capacité à devenir un « réceptacle de lumière ». Elle travaille également avec des matériaux tels que le plexiglas, le verre et le métal qu’elle affectionne particulièrement. Ils permettent de créer des contrastes de matière, brillance, couleur et luminosité.

Inspirée par les installations minimalistes de Carl André ou Robert Morris qui appréhendent tant l’espace de la galerie que le land art , ses références naviguent entre l’art, la science, l’architecture etc. Victoria est également baignée par une inspiration provenant de la peinture du Quattrocento où la géométrie offre une voie vers une appréhension de l’infini, où la perspective permet de faire entrer l’invisible dans le visible; mais aussi une fascination pour les vestiges de civilisations passées, pour les structures cosmologiques des édifices sacrés (les grandes coupoles hémisphériques de l’architecture romaine, les fragments d’escaliers, de colonnes Pompéiens qui ont résisté au passage du temps etc.)


La question d’échelle est prépondérante dans le travail de Victoria Galvani. Elle conçoit une œuvre – s’imposant toujours comme contrainte formelle de pouvoir reproduire sa forme à échelles variables, dans l’espoir qu’un jour ce sera au coeur d’un terrain vague ou d’une nature indomptée qu’elle pourra les faire (re) vivre . Ainsi, ses installations sont modulaires, se démultiplient sur plusieurs échelles et
ne sont jamais achevées. Victoria réutilise toutes sortes d’éléments de précédentes sculptures pour créer de nouvelles installations.

Qu’elles soient ruines ou fondations, ombre ou lumière, mort ou vie, les sculptures de Victoria Galvani, privées de tout repères dimensionnels, spatiaux ou temporels cohabitent et dialoguent dans une logique architecturale. Victoria tente, dans l’ensemble de ses installations aux géométries imparfaites, de déployer l’architecture comme un petit cosmos au sein duquel elle place tous ses rêves, désirs et croyances.

Une fois retirés de leur contexte préparatoire d’atelier, Victoria installe, superpose, disperse ses objets, ses dessins,  dans un jeu de construction et déconstruction qui renvoi à l’enfance.  L’ensemble des fragments qu’elle construit appartiennent à un tout – ce tout lié par les matériaux qu’elle emploie (le plâtre, le laiton, l’or, la peinture …) L’artiste choisit des images, édifices qui la fascinent, souvent abandonnés; les ôte de leur environnement d’origine, les reproduit et les place dans un nouveau contexte.  Elle leur procure ainsi une nouvelle vie, les fait renaître sous nos yeux.  Les installations de Victoria Galvani possèdent une dimension méditative et immersive saisissante.

Plus d’informations sur le travail de Victoria Galvani